L’actu dans l’Hérault
Mission Locale Montpellier Méditerranée Métropole
Accompagner autrement : l’aller-vers au service des mineurs sous-main de justice ou protection judiciaire
À la Mission Locale Jeunes de Montpellier Méditerranée Métropole l’accompagnement des jeunes les plus fragilisés repose sur une conviction forte : pour créer l’adhésion, il faut parfois sortir des murs de l’institution.
Qu’ils soient suivis par la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) ou placés sous-main de justice, ces jeunes cumulent souvent des freins multiples : ruptures scolaires, précarité sociale, difficultés familiales, problématiques de santé ou encore perte de confiance envers les institutions. Pour répondre à ces réalités, la Mission Locale développe depuis plusieurs années une approche fondée sur la proximité, le partenariat et le “aller-vers”.
Une coopération étroite avec les équipes éducatives
Le travail mené avec les services éducatifs, notamment le STEI (Service Territorial Éducatif d’Insertion) de la PJJ, constitue un pilier essentiel de cet accompagnement. La collaboration entre professionnels permet de construire des parcours cohérents et sécurisés, au plus près des besoins des jeunes.
La référente ASE intervient majoritairement hors les murs : au sein des structures éducatives, des MECS (Maisons d’Enfant à Caractère Social), ou directement dans les espaces fréquentés par les jeunes. Cette présence régulière facilite la prise de contact avec des publics parfois réticents à pousser la porte d’une institution.
Les premiers échanges se font souvent à l’initiative des éducateurs, assistants sociaux ou infirmiers. L’objectif est avant tout de créer un lien de confiance, de repérer les ressources et les capacités du jeune, avant d’engager progressivement un travail autour du projet professionnel et de l’insertion.
Cette dynamique partenariale se traduit également par une participation systématique de la Mission Locale aux commissions insertion organisées par la PJJ. Ces temps de travail thématiques favorisent les échanges entre professionnels, la construction d’actions communes et la mobilisation d’intervenants extérieurs autour des questions d’orientation, d’emploi, de citoyenneté ou de prévention.
Préparer l’après : accompagner les jeunes détenus mineurs
Autre illustration concrète de cette coopération : la permanence assurée par la conseillère référente justice au quartier mineurs de la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone.
Orientés par les éducateurs de la PJJ en milieu fermé, les jeunes détenus peuvent ainsi bénéficier d’un premier accompagnement vers l’insertion pendant leur incarcération. Les entretiens permettent de présenter l’offre de service de la Mission Locale, d’ouvrir une réflexion sur l’avenir et de travailler l’élaboration d’un projet de sortie.
L’accompagnement s’appuie notamment sur des outils d’orientation, des recherches métiers, des tests d’intérêts professionnels ou encore l’apprentissage du code de la route. Mais au-delà des outils, le travail repose surtout sur l’écoute, la valorisation des compétences et la remobilisation.
La préparation à la sortie constitue un enjeu majeur afin de limiter les risques de rupture et de récidive. Des relais sont anticipés avec les organismes de formation, les établissements comme les Écoles de la Deuxième Chance, les Missions Locales du territoire ou encore les équipes éducatives de milieu ouvert.
La mixité comme levier d’insertion
Au-delà des accompagnements individuels, la Mission Locale et le STEI développent plusieurs actions collectives réunissant des jeunes suivis par la PJJ et des jeunes accompagnés dans le cadre classique de la Mission Locale.
Ces groupes mixtes poursuivent plusieurs objectifs : favoriser la mixité, encourager les échanges, restaurer l’estime de soi et permettre à chacun de se projeter dans des expériences positives.
Certaines actions sont régulières, comme l’“ActuKfé”, un espace d’échange autour de l’actualité, des fake news et de l’éducation aux médias. D’autres prennent la forme de projets culturels immersifs.
Pendant les vacances de printemps, un groupe de jeunes a ainsi participé à une immersion de quatre jours au musée Fabre, accompagnée par un plasticien autour du thème du portrait et des émotions. L’action s’est conclue par une émission de radio réalisée dans le cadre de l’atelier radio du STEI et diffusée sur Divergence FM.
Prochaine étape : une immersion de trois jours au Théâtre des 13 Vents pour découvrir les métiers du spectacle vivant et les coulisses de la création artistique.
Ces expériences permettent non seulement de découvrir des univers professionnels souvent méconnus, mais aussi de travailler la dynamique de groupe, l’expression de soi et l’ouverture culturelle.
Une mobilisation renforcée auprès des jeunes de l’ASE
Depuis la création du poste de référente ASE en 2022, la Mission Locale a considérablement renforcé son action auprès des jeunes confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance.
En 2025, 299 jeunes concernés ont bénéficié d’un accompagnement, dont 68 mineurs. Les équipes ont réalisé plus de 2 000 entretiens afin de sécuriser les parcours et prévenir les ruptures.
Le travail partenarial engagé avec les MECS, les services éducatifs et les structures d’hébergement permet aujourd’hui un meilleur repérage des jeunes et un accompagnement plus réactif. La référente ASE consacre d’ailleurs près de 80 % de son temps à des interventions hors les murs.
Cette approche de proximité montre chaque jour sa plus-value : accès facilité aux services, maintien du lien malgré les ruptures, co-accompagnement avec les éducateurs et adaptation permanente aux réalités des jeunes.
Car pour ces publics particulièrement fragiles, l’insertion ne peut se limiter à l’emploi ou à la formation. Elle suppose avant tout de reconstruire la confiance, sécuriser les parcours et permettre à chacun de retrouver une place dans la société.
Mission Locale Bassin de Thau
Séjour Rupture en Lozère : une parenthèse pour se reconstruire
Du 2 au 6 mars, la Mission Locale du Bassin de Thau a organisé un Séjour Rupture à destination de sept jeunes majeurs sous-main de justice ou en rupture avec les institutions, évoluant dans un environnement familial ou social fragilisé.
Pensée comme une parenthèse hors du quotidien, cette action avait pour ambition d’offrir aux participants un temps de recul, de favoriser la reprise de confiance en eux et de redynamiser leur parcours d’insertion. Durant cinq jours, au cœur des paysages préservés de la Lozère, les jeunes ont été invités à sortir de leur environnement habituel pour vivre une expérience collective, riche en découvertes, en défis et en rencontres.
Accueillis au gîte Le Saint Pas, ils ont rapidement trouvé un cadre propice à l’apaisement. La vie collective a constitué un véritable fil conducteur du séjour : préparation des repas, organisation du quotidien, échanges, jeux de société et moments de convivialité ont permis à chacun de reprendre sa place au sein d’un groupe, dans un climat de confiance et de bienveillance.
Le programme alternait activités de pleine nature et découverte du territoire. Une visite d’une scierie locale a offert aux jeunes une immersion dans la transformation du bois, illustrant avec justesse le temps, le travail et la patience nécessaires à toute évolution. Ils ont également découvert la Menuiserie des Amourettes, où l’artisan Frédéric Touvy leur a transmis sa passion du métier et les a accompagnés dans la fabrication de leur propre bâton de marche. Un atelier manuel porteur de sens, permettant à chacun de repartir avec une création personnelle, symbole du chemin parcouru.
La nature a occupé une place centrale tout au long de cette semaine. Les participants ont notamment découvert la cascade du Déroc, emprunté une portion du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle et relevé un défi de taille : une randonnée de 22 kilomètres. Une épreuve physique mais surtout personnelle, durant laquelle chacun a avancé à son rythme, en dépassant ses appréhensions et en prenant conscience de ses capacités.
Au-delà des activités proposées, ce séjour a constitué un véritable levier éducatif. En favorisant l’entraide, la responsabilisation et le dépassement de soi, il a permis aux jeunes de porter un nouveau regard sur eux-mêmes et sur leur avenir. Loin des repères habituels, ils ont pu renouer avec leurs ressources, retrouver de la motivation et envisager plus sereinement la suite de leur parcours.
Cette action illustre pleinement l’engagement de la Mission Locale du Bassin de Thau à développer des modalités d’accompagnement innovantes pour les jeunes les plus éloignés des dispositifs de droit commun. Parce que certains parcours nécessitent parfois de faire un pas de côté pour mieux repartir, le Séjour Rupture démontre qu’une parenthèse peut devenir un véritable point de départ.
Une expérience forte qui a permis à ces sept jeunes de se reconnecter à eux-mêmes, de renforcer leur confiance et de retrouver une dynamique positive pour construire la suite de leur parcours personnel et professionnel.
Le séjour a fait l’objet d’un reportage diffusé par France 3 Occitanie, mettant en lumière cette initiative et les témoignages des jeunes participants.
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